Ce serait facile, de jouer à la jeune innocente et sainte-Nitouche oui mais voilà je ne sais pas faire .
Je préfère avouer sans pudeur que oui, oui la masturbation est l'une de mes activités solitaires préférées, avec le lavage de cheveux et la lecture.
Avant, dans mon enfance et ma pré-adolescence, c'était simple. Couchée sur le ventre, avec mes mains ou un coin d'oreiller, j'imaginais des situations chevaleresques largement arrosées d'eau de rose et dégoulinantes de mièvrerie. C'était fun et sans conséquences. Pas très bien vu par mon père, c'est vrai, mais nécessaire pour m'endormir.
Et puis bon, il y a eu comme une pause quand j'ai découvert la sexualité à deux, il parait que c'est normal, et après tout ça me parait bien logique: on rentre dans une phase un peu passive, on se dit que l'autre est là pour tout nous apprendre, qu'il est devenu le beau chevalier de nos fantasmes enfantins. Ouais ben non . Pas tellement, mes amies croyez-le on n'est jamais mieux servies que par nous-mêmes quand il s'agit de découvrir son corps.
Ensuite je me suis un peu désintéressée de lui, j'ai eu trois petites (grosses) années de mal-être, où esprit et enveloppe charnelle ne communiquaient plus si bien que ça. Ca aussi, il parait que c'est normal. T'en fouttrai, moi, du normal ...
Et puis miroir, rasoir, soir, isoloir, nuit noire aidant, je me suis redécouverte. Mais bizarrement. Je n'étais plus cette petite fille, pour qui se tapoter la gorge, une main dans le pyjama conduisait immanquablement à l'orgasme, ou disons tout au moins à l'apaisement physique. Non, j'avais besoin de beaucoup plus. D'images concrètes, plus ou moins dégradantes pour la ou les femmes en présence, tout à fait identiques à ce que la pornographie voulait bien me montrer en vérité. Mais, comme mes relations sexuelles avec quelqu'un d'autre que moi-même ne me montraient pas vraiment autre chose, et que je n'avais qu'une conscience littéraire de ce qu'était l'orgasme, je m'en contentais.
Et puis, de circonvolutions en évolutions, de scénarios presque mignons en gang-bangs imaginaires, j'en suis arrivée à une réflexion concrète : l'imaginaire n'était plus suffisant. J'avais besoin de l'image en temps réel. Vive internet et le streaming, je l'avoue sans ça ma sexualité serait peut-être restée bloquée à mes 14 ans ...
Passée une période de honte, je me suis dit que si les garçons avaient le droit de le faire, pourquoi pas moi ?
Mais malgré cette éloge de la masturbation, malgré un désir et un plaisir évidents à chaque fois, malgré un besoin physiologique de m'y adonner, je ne peux pas m'empêcher de ressentir la même gêne, une fois l'orgasme (hélas purement clitoridien, seul l'Homme, le Mien étant capable de me satisfaire intérieurement) passé, et ce dans la micro-seconde suivante. Un espèce d'à quoi bon généralisé, un dégoût total des images se déroulant devant moi. Et ce n'est pas faute de les avoir appréciées l'instant précédant.
Il n'y a plus cet apaisement relatif à mon enfance, et que je retrouve dans le sexe à deux . Non, la masturbation reste vraiment trop superficielle pour moi, désormais. Mais, bordel, qu'est-ce que ça fait du bien parfois (souvent) !!